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Morgan Philips Global
 
Région MENA : les « bons élèves » du numérique

Région MENA : les « bons élèves » du numérique

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Le 8 septembre 2020, l’European Center for Digital Competitiveness (ESCP) publiait le premier rapport sur l'engagement numérique : le « Digital Riser Report 2020 ». Ce rapport, basé sur les données du « Global Competitiveness Report » du Forum économique mondial, a pour objectif d’analyser et classer les évolutions de 140 États, selon leur compétitivité numérique au cours des trois dernières années. Il a notamment souligné les progrès réalisés par les États de la zone MENA (Middle East and North Africa), où 9 pays sur 14 ont relativement amélioré leur compétitivité numérique. 

La « compétitivité numérique », moteur de l’étude 

Accélérée par la pandémie de Covid-19, la révolution numérique à laquelle nous assistons déterminera la compétitivité et la prospérité des États dans les décennies à venir. Pour l’ESCP, afin d’assurer cette transformation essentielle aux États, deux dimensions regroupent une importance significative : « l’état d’esprit » et « l’écosystème ». Selon le Centre, « ce n'est que si ces deux dimensions sont suffisamment développées et permettent le progrès numérique et technologique que la transformation réussira ». 

Pour réaliser cette étude, dix critères ont été sélectionnés. L’analyse de « l’état d’esprit », repose sur cinq éléments : « les compétences numériques au sein de la population active », « les attitudes face au risque entrepreneurial », « la diversité de la main d’œuvre », « les abonnements haut débit mobile » et « les entreprises qui adoptent des idées disruptives ». En ce qui concerne « l’écosystème », ce sont « la disponibilité du capital-risque », « le coût de création d’entreprises », « le temps nécessaire pour démarrer une entreprise », « la facilité d'embauche de la main-d'œuvre étrangère » et « les compétences des diplômés », qui ont été pris en considération. 

L’Arabie saoudite, modèle de réussite

Le rapport choisit de présenter en premier lieu les classements des États selon des groupes et des régions géographiques (G7, G20, Asie de l’Est et Pacifique, Eurasie, Europe et Amérique du Nord, Amérique latine et Caraïbes, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Asie du Sud et Afrique sub-saharienne). Au sein du groupe G20, c’est l’Arabie saoudite qui occupe la première place (voir graphique gauche ci-dessous). En effet, le Royaume est classé comme étant « le premier constructeur numérique » au sein du G20, surpassant ainsi la France, classée en première position, sur les mêmes critères, dans le groupe G7 (voir graphique droit ci-dessous).  

Les résultats démontrent ainsi que l’Arabie saoudite est l’État ayant réalisé le plus de progrès et ayant le plus amélioré son « état d’esprit » et son « écosystème » numérique. Cela peut notamment s’expliquer par la « ICT Strategy 2019-2023 » mise en place par le gouvernement saoudien en 2018, dont l’objectif est de placer le Royaume comme leader mondial dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC), en développant ses capacités et en investissant dans de nouveaux projets, notamment afin d’assurer la réussite du plan « Vision 2030 ».  

Au sein de la zone géographique MENA, c’est à nouveau l’Arabie saoudite qui domine le classement. Le rapport illustre également que la région s’est démarquée dans son ensemble, 9 États sur 14 ayant amélioré leur compétitivité numérique (voir graphique ci-dessous).  

Les secondes et troisièmes places sont respectivement occupées par l’Algérie et l’Égypte. Ces résultats sont notamment dûs à trois critères : « initiative phare », « règlements » et « investissements », mis en place par les gouvernements. Riyad se démarque ainsi grâce à son initiative phare « Vision 2030 ». Concernant l’aspect « règlements », l’Autorité monétaire saoudienne a introduit un service de paiement sans contact dans le but de faciliter les transactions numériques et dynamiser le commerce électronique. Enfin, le Royaume a investi dans plusieurs projets : développement d’une Smart City nommée « NEOM », au Nord-Ouest du pays. Ce projet, d’une valeur de 500 milliards de dollars, vise à intégrer l’intelligence artificielle (IA) et l’analyse des données à tous les niveaux de la vie moderne. En 2016, le gouvernement avait de plus créé l'Autorité générale des petites et moyennes entreprises, « Monshaat », afin de soutenir les entrepreneurs, de développer de nouveaux espaces de co-working et de construire « une culture de l’entrepreneuriat ». 

L’Algérie et l’Égypte talonnent l’Arabie saoudite

En Algérie, le ministère de la Microentreprise, des Start-up et de l'Économie de la connaissance a mis en place cette année l’« Initiative pour la transition numérique 2020 », qui vise à accélérer la transformation numérique de l’État et de la société algérienne : modernisation du réseau Internet gouvernemental, numérisation de l’administration centrale, généralisation des bases de données, plateforme de services numériques pour les citoyens, etc. Pour le critère « règlements », le gouvernement algérien avait également annoncé une loi rendant les terminaux de paiement électronique obligatoires pour tous les commerçants du pays en 2018. Enfin, du côté des « investissements », en février 2020, Alger a annoncé la création de « la Cité des startups », un « centre de technologies multiservices à haute attractivité », qui renforcerait la place de l’Algérie en tant que « pôle africain en matière de création et d’innovation ». 

Le Caire, a quant à lui mis au point sa propre stratégie TIC « Egypt Vision 2030 », lancée en 2016, dont l'objectif est de positionner l’État égyptien parmi les trente premiers pays du monde en matière de développement économique et social. Un des premiers projets pris en compte par le rapport est celui de la transformation numérique de la ville de Port-Saïd en 2019, ainsi que la mise en place d’initiatives pour favoriser le numérique au sein du système éducatif (équipements et développement de supports pédagogiques digitaux). En matière de « règlements », l’Égypte a par exemple annoncé en 2019 la restructuration globale du système fiscal et une nouvelle législation afin de lutter contre les délits perpétués sur Internet. Enfin, le gouvernement a investi dans divers projets tels que celui d’une « ville de la connaissance » à l’Est du Caire, annoncé en 2018. Cette ville devrait devenir un « centre régional pour l’innovation de haute technologie et du développement scientifique et électronique ». En 2019, l’État égyptien déclarait également qu’il souhaitait construire 4 000 nouveaux centres à travers le pays, afin d’y proposer des formations pour sensibiliser les égyptiens au numérique. 

Ainsi, le « Digital Riser Report 2020 » démontre que chaque État est en mesure de réaliser des progrès significatifs et d’augmenter considérablement sa compétitivité numérique indépendamment de son environnement initial. La zone MENA est, de ce fait, mise en avant sur le plan numérique grâce aux États exposés ci-dessus, qui multiplient les initiatives et les projets afin de développer et améliorer leurs environnements numériques respectifs. Le rapport expose que les écosystèmes numériques et digitaux évoluent « extrêmement rapidement » et que les États ayant placés la transformation numérique en tant que priorité nationale peuvent obtenir des résultats « tangibles dans des délais relativement courts ». L’ascension de l’Arabie saoudite à la tête du classement des pays du G20, alors même que son environnement initial est « traditionnellement moins associés au numérique », en est un exemple concret. 

L’ensemble de ces informations et illustrations proviennent du rapport officiel « Digital Riser Report 2020 » publié le 08/09/2020 et réalisé par l’European Center for Digital Competitiveness (ESCP) de l’Europe Business School de Berlin, disponible en cliquant ici

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