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Morgan Philips Global
 
Les infrastructures en Afrique : comment répondre aux défis démographiques du continent ?

Les infrastructures en Afrique : comment répondre aux défis démographiques du continent ?

L’Afrique, qui comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050, doit urgemment accélérer le développement de ses infrastructures pour pallier ce défi démographique. Optimiser la construction d’infrastructures de qualité sur le continent s’avère désormais primordiale pour combler ce déficit : routes, ponts, énergie, eau, haut débit, sont autant de points à développer pour répondre aux besoins de la population exponentielle de l’Afrique.

« Des infrastructures de qualité pour l’Afrique du XXIe siècle »

En juillet dernier, un rapport intitulé « Des infrastructures de qualité pour l'Afrique du XXIe siècle », publié par le Centre de développement de l'OCDE et par le Centre africain pour la transformation économique, en partenariat avec l'AUDA-NEPAD (l'Agence de développement de l'Union africaine), avait rendu ses conclusions. Demandé deux ans plus tôt en 2018, lors du Forum économique international sur l'Afrique qui s’était tenu à Paris, le rapport souligne la nécessité pour l'Afrique de « tracer son propre avenir » et de « renforcer les capacités nécessaires des professionnels clés » afin de réviser et d’améliorer les processus d’infrastructure.

La Banque africaine de développement (BAD) estime que les besoins en infrastructure de l'Afrique se situent entre 130 et 170 milliards USD par an, contre 68 à 108 milliards par an actuellement. Le rapport stipulait que les modèles actuels n’ont pas fourni les infrastructures nécessaires pour répondre à la croissance démographique et à l’urbanisation du continent. Deux éléments de réponse ont ainsi été proposés : l’élargissement du système de label de qualité du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) pour reconnaître l'infrastructure de qualité et la création d’une plateforme pour améliorer l'apprentissage et le partage des bonnes pratiques entre les professionnels africains de l’infrastructure. Présentées comme point de départ, ces recommandations devraient également alimenter le Plan d'action prioritaire du PIDA pour 2021 à 2030, actuellement en cours d’élaboration.

De nouveaux projets stratégiques, les exemples d’EDF et de Meridiam

En Afrique, plus de 640 millions d'habitants n'ont pas accès à l’énergie, soit un taux supérieur à 40%, le plus faible au monde. Fort de ce constat, de nouveaux projets voient le jour comme ceux du français EDF au Cameroun : Nachtigal et Kikot. Situé à 65 km au nord-est de Yaoundé, le projet d’installation hydroélectrique de Nachtigal devrait délivrer une puissance de 420 mégawatts (MW). À 0,06€ le kilowatt/heure au lieu des 0,11€ actuels, il couvrira à lui seul 30% des besoins énergétiques du Cameroun. Constitué d’un barrage principal sur le fleuve Sanaga, d’une longueur de 1,5km, ce projet permettra de dériver l’eau vers un canal de 3km, jusqu’à l’usine hydroélectrique. EDF exploitera pendant trente-cinq ans l’installation, qui devrait être effective en 2023. Pour le moment, un quart des travaux ont été réalisés. L’entreprise française, qui a signé un accord d’exclusivité avec l’État camerounais, est également en charge du développement d’un second barrage hydroélectrique de 450 MW, qui sera situé à l’ouest de Nachtigal, sur le site de Kikot. Le barrage pourrait générer une puissance allant jusqu’à 700 MW. En novembre 2020, EDF Cameroun a clôturé son appel à pré-qualification pour les prestations géophysiques et géotechniques liées à l’avant-projet sommaire (APS) du barrage, dont les travaux débuteront le 21 décembre prochain, pour une période de 3 mois. L’exploitation de l’infrastructure est prévue pour 2028. Ces deux projets, à plus d’un milliard d’euros chacun, illustrent les besoins énergétiques de l’Afrique, mais aussi l’opportunité que représentent la transition énergétique du continent pour les entreprises occidentales et chinoises.

L’entreprise Meridiam se démarque également par ses initiatives en Afrique. En moins de quatre ans, elle a financé et développé plusieurs projets d’infrastructures majeurs dans les domaines de la transition énergétique, de la mobilité des biens et des personnes et du social. Totalisant plus de quatre milliards d’euros, ces projets ont permis de renforcer le développement économique et social des pays concernés : quatre centrales solaires au Sénégal dont deux font partie de l’initiative « Scaling Solar », offrant des tarifs parmi les plus faibles du continent (€4cts/kWh) ; une centrale biomasse Biokala en Côte d’Ivoire, plus grande centrale à biomasse en Afrique subsaharienne et qui permettra de répondre aux besoins en électricité de 1,7 millions de personnes par an ; la création de NEoT Offgrid Africa (NOA), une coentreprise lancée en 2017 par Meridiam, EDF et Mitsubishi Corporation et qui se consacre au développement de projets d’énergie, notamment solaire ; ou encore, le récent contrat signé par Meridiam et Vinci avec l’État kenyan en septembre 2020, portant sur la concession de l’autoroute Nairobi - Nakuru - Mau Summi (conception, financement, travaux d’élargissement et de rénovation). Ce projet de 1,3 milliard d’euros, est l’un des plus grands projets de partenariats public privé d’Afrique de l’Est.

Même si le continent africain est en mesure de diriger son propre développement et d’assurer des projets d'infrastructure de qualité, ces projets mobilisent des consortiums de groupes internationaux. Des installations ferroviaires aux portuaires, en passant par les barrages, les routes et les pipelines, ces groupes internationaux font cependant unanimement appel à des partenaires ou des sous-traitants locaux, en raison de leur expérience du terrain et de leur savoir-faire. L’échange est ainsi au cœur de la stratégie de développement des infrastructures africaines.

Pour consulter le rapport « Des infrastructures de qualité pour l'Afrique du XXIe siècle », cliquez ici : https://acetforafrica.org/acet/wp-content/uploads/publications/2020/07/Africa-Quality-infrastructure-21st-century.pdf

Sitographie

« Avec Nachtigal, le Cameroun fait le pari d’une électricité enfin moins chère », par Omer Mbadi, Jeune Afrique, publié le 16/06/2020, disponible ici : https://www.jeuneafrique.com/mag/989126/economie/avec-nachtigal-le-cameroun-fait-le-pari-dune-electricite-enfin-moins-chere-2-8/

« EDF pousse ses pions en Afrique », par Thomas Lestavel, Le Figaro, publié le 06/09/2020, disponible ici : https://www.lefigaro.fr/societes/edf-pousse-ses-pions-en-afrique-20200906

« En Afrique aussi, Thierry Déau (Meridiam) veut redoubler d’ambitions », par Rémy Darras, Jeune Afrique, publié le 05/11/2020 à 09h57, mis à jour le 05/11/2020, disponible ici : https://www.jeuneafrique.com/1067853/economie/en-afrique-aussi-thierry-deau-veut-redoubler-dambitions/

« Meridiam et Vinci signent le contrat de concession de l’autoroute Nairobi – Nakuru - Mau Summit en Afrique », Meridiam, publié le 01/10/2020, disponible ici : https://www.meridiam.com/fr/news/article/meridiam-et-vinci-signent-le-contrat-de-concession-de-lautoroute-nairobi-nakuru-mau-summit-en-afrique

« Une nouvelle plateforme pour financer les infrastructures africaines », par Marie-France Réveillard, La Tribune Afrique, publié le 14/07/2020, disponible ici : https://afrique.latribune.fr/finances/investissement/2020-07-14/une-nouvelle-plateforme-pour-financer-les-infrastructures-africaines-852766.html

 

 

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