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Innovation et technologie juridique : la LegalTech en Afrique

Innovation et technologie juridique : la LegalTech en Afrique

En Afrique, le secteur de la technologie est en plein essor. Accélérée par la pandémie de la Covid-19, la « révolution technologique juridique » en Afrique est en bonne voie de changer le continent et de répondre aux nouveaux défis. Entreprises privées spécialisées en tech et cabinets d’avocats s’allient désormais pour produire des « solutions de services juridiques transformatrices », via la « LegalTech », au sein d’environnements réglementaires et opérationnels parmi les plus difficiles au monde.

La technologie au service du juridique

Aujourd’hui, le secteur de la technologie connaît l’une des croissances la plus rapide en Afrique malgré les conséquences de la crise sanitaire. Le secteur juridique a donc, et ce depuis maintenant plusieurs années, misé sur l’alliance de la tech et du droit pour capitaliser cette croissance, en intégrant des systèmes de plus en plus innovants et en développant de nouvelles solutions. En effet, en contrant les « obstacles fondamentaux et systémiques » à l'accès au droit et à la justice en Afrique, parfois difficiles pour une grande partie de la population et qui entraînent par conséquence une « perturbation des processus traditionnels », la LegalTech pourrait permettre à certains pays africains de se positionner parmi les juridictions juridiques les plus innovantes du monde.

Il semble aujourd’hui « inévitable » que les cabinets d’avocats et le secteur juridique dans sa globalité continuent rapidement à automatiser, à numériser et à innover. Avant la pandémie, il était obligatoire pour les avocats et leurs clients de se déplacer pour comparaître physiquement dans les tribunaux ou tout simplement pour engager des poursuites judiciaires. Actuellement, soit 18 mois après l’arrivée de la Covid-19, certaines juridictions africaines sont presque « méconnaissables ». Les avocats ont reconnu que « la pratique juridique ne peut plus fonctionner de la manière rigide qu'elle a fait par le passé et que [leurs] clients ont besoin de solutions dynamiques basées sur le XXIe siècle pour leurs entreprises ». Le monde juridique s’est ainsi adapté très rapidement aux nouvelles réalités et a adopté la technologie pour « accélérer la prestation de la justice et maintenir sa compétitivité ».

Des solutions pour une justice numérique continue et accessible à tous

Les capacités d’infrastructures, les économies, les réglementations ou encore, les besoins sociétaux en Afrique sont très différents en comparaison aux européens ou américains. Ainsi, le continent fait face à de nombreux défis : un accès plus difficile à la justice et une mauvaise connaissance, voire une non-connaissance des lois et des droits. En effet, en Afrique, l’accès « basique » à la justice reste un problème dans certaines juridictions africaines et c’est ici que la technologie intervient. Par exemple, le taux d’alphabétisation du continent, estimé entre 50% et 60%, est un obstacle dans l’accès aux droits : des start-up comme la sud-africaine « Creative Contracts », ont ainsi reformaté des accords juridiques en bandes dessinées qui décrivent les devoirs et les responsabilités de chacun, rendant les informations accessibles à tous. Les systèmes de messagerie automatisés, les applications technologiques juridiques et les réseaux sociaux émergent ainsi comme « des supports clés » afin de « soutenir le développement et la promotion de solutions technologiques innovantes aux défis juridiques et d'améliorer le droit et la pratique juridique sur le continent ».

Avec plus d’un milliard d’abonnés mobiles, l’Afrique sub-saharienne est un marché clé pour les entrepreneurs juridiques, qui cherchent à en tirer profit afin d’améliorer l’accès aux aides et services juridiques. Par exemple, des applications et intelligence artificielle (IA) sont conçues pour interagir directement avec l’usager. Une entreprise rwandaise, « Viamo », a créé une application gratuite qui permet d’avoir accès à la justice avec des podcasts audio et des textes préenregistrés ; en Ouganda, « Via », une IA ayant le rôle d’« assistant vocal juridique », donne des informations à l’utilisateur et lui recommande même un avocat répondant à ses besoins et demandes ; en Tanzanie, « Tunga Innovations » a conçu une appli qui informe les utilisateurs de leurs droits en matière d’emploi, pour permettre notamment aux jeunes d’accéder plus facilement au marché du travail ; en Zambie, la plateforme « Apptorney » permet de faire des recherches plus efficaces, en simplifiant la navigation grâce à un contenu juridique « correctement lié, catégorisé et indexé » ; au Sénégal, « Sunulex Africa » est un annuaire qui référence des avocats et qui héberge également plus de 70 000 documents juridiques de quinze pays francophones ; au Burkina Faso, « fasolegal.com », une plateforme pionnière dans le pays, permet de prendre RDV en visio avec des experts juridiques (avocats, notaires, huissiers, juristes). Plus récemment, en 2020 et en 2021, des cabinets d’avocats africains se sont associés à des géants technologiques, tel que Microsoft, pour lancer des incubateurs de technologies juridiques.

Le secteur du LegalTech n’a donc pas fini d’émerger et d’innover en Afrique comme le démontre le rapport « Global Legal Tech Report for Africa 2020 » qui révèle que le continent compte « la plupart des plus jeunes fondateurs d'entreprises de technologie juridique (53%) par rapport aux pays d’Asie et d’Océanie, où les fondateurs ont plus de 30 ans ». Ainsi, le continent africain voit une nouvelle génération d’avocats, qui réinvente la profession juridique grâce à la technologie juridique. Cependant, le chemin reste encore long pour la LegalTech pour réellement s’imprégner auprès des populations africaines : « actuellement, seul un nombre infime de cabinets locaux disposent d’informations complètes à ce jour ».

Contactez Hyssein Ambouroue Anguiley, Senior Consultant en charge des recrutements IT pour Morgan Philips Executive Search, Africa & Middle-East : +33 (0)6 65 98 61 54,  hambouroue@morganphilips.com

Sitographie :

« Africa 2020 - A Report on the Business of Legal Tech », Global Legal Tech Report, disponible ici : https://www.globallegaltechreport.com/report/business-of-legal-tech-report-in-africa-2020/

« Tech : des start-up qui rendent justice à l’Afrique », par Quentin Velluet, Jeune Afrique, N°3104 - Septembre 2021 - page 136/137.

« Legal technology at the forefront of change in Africa », Techcabal, publié le 07/09/2021, disponible ici : https://techcabal.com/2021/09/07/legal-technology-at-the-forefront-of-change-in-africa/

« Innovation and Legaltech in Africa », Issuu, Legal IT Today, issue 27, Septembre 2019, disponible ici : https://issuu.com/legalittoday/docs/litt27_issuu/s/148318

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