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Actuaire, toujours un métier d'avenir ?

Actuaire, toujours un métier d'avenir ?

Louise ENESCAUX, Practice Leader Assurance a interviewé François BAYÉ, Actuaire Deputy Head Risk Life & Health chez ADDACTIS

L’actuaire est un haut technicien du monde de l’Assurance. Il réalise des études économiques, financières et statistiques pour mettre au point des contrats. Il évalue les risques, les coûts et la rentabilité. Il fixe les tarifs et suit les résultats d'exploitation.  

Practice Leader de l’activité Assurance au sein de Morgan Philips Executive Search, Louise Enescaux intervient depuis 20 ans sur le recrutement par approche directe de dirigeants, managers et cadres experts dans le secteur de l’Assurance et des services Financiers. Spécialiste des recrutements d’Actuaires F/H, Louise a interviewé François Bayé, actuaire IA expert ERM et adjoint de la practice Risk Life and Health d'Addactis France afin qu’il nous présente son parcours. 

Louise Enescaux : Quand avez-vous découvert l’actuariat ? 

François Bayé : J’ai découvert l’actuariat totalement par hasard. L’Institut de Science Financière et d'Assurances (ISFA) envoyait chaque année l’affiche pour son concours aux étudiants de ma prépa. En parallèle, mon ambition d’intégrer Normal Sup s’est fracassée face à la réalité du concours. J’ai postulé à l’ISFA et j’ai été reçu.  

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier ? 

FB : Un de mes anciens chefs me disait qu’il se méfait des actuaires de formation initiale car on devait bien être un peu dérangé pour vouloir faire de l’actuariat quand on a 20 ans (rires). Ce sont des considérations assez triviales qui m’ont poussé vers ce secteur  : les aspects très mathématiques de la formation, la facilité à intégrer le marché du travail en sortie d’école et les perspectives intéressantes de carrière qui s’ouvrent à partir de l’actuariat.  

Avec du recul, êtes-vous content de votre choix ? 

FB : Oui ! Déjà, mes attentes évoquées précédemment n’ont pas été déçues. Et a posteriori j’ajouterai deux éléments qui me plaisent dans mon travail.  

Un actuaire se retrouve à travailler sur des problématiques très en lien avec la traduction comptable et financière de ce qu’est une entreprise  : tarification, provisionnement, bilan, solvabilité, etc. et la stratégie d'entreprise. 

En outre, l’assurance est un secteur qui touche tout le monde et toute la société (tout le monde a un contrat d’assurance). Un actuaire se retrouve très vite au contact de choix de société et politique. Par exemple, l’assurance vie est confrontée à l’épargne des ménages et aux politiques monétaires et d’endettement des États. En prévoyance, un actuaire va embrasser tout le dispositif national de protection sociale de ses débuts au XIXème siècle à ses évolutions les plus récentes. 

Quelles sont les principales différences dans l’exercice de votre métier en cabinet de conseil en actuariat, à la fédération française d’assurance et au sein d’un groupe de protection sociale ? 

FB : Le cœur technique du travail reste le même  : il s’agit de développer une compréhension fine des mécanismes techniques de l’assurance. En revanche, la finalité diffère entre ces trois entités. Un groupe de protection sociale est un organisme assureur qui fournit des garanties à ses assurés. À la FFA, qui est une association de loi 1901, il s’agit avant tout de représenter les assureurs auprès de leurs différents interlocuteurs et notamment les pouvoirs publics. Dans le conseil, on accompagne les assureurs sur leurs problématiques mais, dans un cabinet qui est une PME, on va vite toucher du doigt la dimension entrepreneuriale.   

Quelles différences majeures relevez-vous dans l’exercice de vos fonctions d'actuaire aujourd’hui par rapport au début de votre carrière ?  

FB : L’expérience accumulée. J’ai atteint un niveau de maturité qui me permet de faire le lien entre l’actuariat et les calculs que je fais et la stratégie d’une entreprise avec les impacts sur le bilan et le compte de résultat, en passant par le droit régissant les assurances. Tout cela me permet de mieux anticiper et également de pouvoir comprendre et dialoguer avec différents niveaux au sein de l’entreprise et plus seulement le département actuariat. 

Sur quelle branche de l’actuariat conseillerez-vous un jeune actuaire de s’orienter ? Le Risk Management ? La Data Science ?  

FB : Ce qu’ils veulent. L’important est de rester ouvert. Le calcul actuariel n’est pas l’alpha et l’oméga de l’activité de l’assurance. Les résultats issus d’un modèle mathématique sont une photographie d’une situation donnée. Demandez à trois photographes de prendre en photo le même paysage  : vous aurez bien le même paysage mais trois images différentes parce que l’un aura photographié en noir et blanc, un autre aura supprimé certains éléments à la retouche et la troisième aura cadré différemment la photo.  

Quelles soft-skills sont-elles aujourd'hui nécessaires pour être un excellent actuaire et évoluer dans l'entreprise ? 

FB : Pour mener à bien ses missions, je mettrai en avant trois compétences. 

Premièrement, la sociabilité. L’âge de l’actuaire qui travaille tout seul dans son coin est selon moi révolue. Développer un réseau au sein d’une entreprise ou de ses partenaires est devenu clé. Il permet d’obtenir les informations plus facilement, de trouver les bons interlocuteurs à même de vous répondre, de vous conseiller, de vous aider ou de prendre certaines décisions. 

Deuxièmement, pédagogie et communication. Savoir faire passer clairement ses messages sur des problématiques techniques parfois absconses, s’adapter aux attentes et au niveau de communication de ses interlocuteurs, etc. pour ne pas rester l’actuaire dans sa bulle. 

Troisièmement, savoir hiérarchiser. Être capable de déterminer ce qui est important et/ou urgent et ce qui l’est moins aussi bien pour parvenir à remplir ses objectifs que pour son équilibre entre vie privée et vie professionnelle. 

Vous êtes spécialisé dans le Risk Management, quels sont les grands enjeux pour vous aujourd’hui en assurance sur ce sujet ? 

FB : La directive européenne Solvabilité a imposé un cadre pour la gestion des risques. L’enjeu principal pour une partie du monde de l’assurance est aujourd’hui de passer d’une approche où la conformité réglementaire peut parfois primer à une vision où la gestion des risques est un outil d’aide à la décision stratégique. La gestion des risques n’est pas là pour décider mais pour identifier, mesurer et déclarer les risques pour permettre au top management de décider en connaissance de cause. 

Quel est le parcours idéal pour devenir Risk Manager ? 

FB : Il n’y a pas de parcours idéal ou de route toute tracée. Mais je pense qu’avoir une expérience opérationnelle est un plus : avoir acquis une bonne connaissance du fonctionnement d’un organisme d’assurance, pouvoir détecter les failles, comprendre ce que fait un modèle de calcul ou challenger les opérationnels quand ils déclarent que tout va bien. 

Au-delà des obligations réglementaires, quels sont pour vous les éléments qui ont fait émerger cette fonction ? 

FB : Le risque est la matière première d'une compagnie d'assurance : pas de risques, pas d’assurance. Il y a toujours eu de la gestion des risques chez les assureurs. Peut-être était-elle seulement moins formalisée, …  

Encore que les assureurs qui émettent des actions ou de la dette ont depuis longtemps mis en place des systèmes de gestion des risques qui permettent de créer un climat de confiance de la part des investisseurs.  

L’entrée en vigueur de Solvabilité II a fini de généraliser une approche basée sur les risques. 

Vous recrutez des cadres dirigeants dans le secteur de l'Assurance ?

Contactez Louise Enescaux, Practice Leader chez Morgan Philips Executive Search. 

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